Sans Détour

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Chronique du vendredi 22 mai

 

La SONABEL clignotant est morte, vive la SONABEL obscurité !

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SONABEL, société national de distribution de l’obscurité. En anglais on dirait « The darkness compagny ». Sams’K Le Jah qui a parfois le sens de la formule parlait de la SONABEL, de l’ère  Compaoré, comme d’un clignotant. Evidemment on attend avec appétit, que le grand Rasta forge la formule qui décrirait le mieux, la nouvelle situation de la SONABEL.

La transition n’est pas coupable de la dégradation des conditions de production de l’électricité, c’est évident, elle est, par contre, responsable de faire montre d’une sorte d’impuissance mortifère. Elle ne dit rien, comme si le silence allait régler le problème et on est à se demander où est passé le ministre Ba ?  

Sous la « Blaisie » on avait été habitué aux mensonges ingénieux. Quand la crise a commencé il y a quelques années, on nous avait servi « la pièce de rechange qu’un certain Maxime était allé chercher en express dans une capitale européenne ». Puis c’était la faute de Gbagbo qui punissait le Burkina de son soutien à la rébellion. Mais  chacun de ces gros mensonges s’accompagnaient des promesses, que l’on savait dans le fond, fausses, mais comme l’espoir fait vivre, ça permettait d’espérer une fin prochaine du calvaire.

 

La transition ne semble même pas dotée d’une telle habilité. Parce que les rumeurs que l’on laisse courir qui fond état d’une banqueroute de la SONABEL qui ne pourrait même plus se payer du fuel, sont graves de conséquences. Ces derniers jours on a lu sur les réseaux sociaux que les principales centrales de la SONABEL étaient à l’arrêt, faute de fuel. Si on en est là, c’est vraiment le début de la descente aux enfers du Burkina. Devant de tels drames nationaux, les premiers responsables du pays montent au créneau pour montrer qu’ils sont au contrôle, qu’il y a une solution, même à un horizon lointain, pour maintenir le minimum d’espoir nécessaire dans un pays.  

La transition ne se donne même pas cette peine. Les Conseils de ministre se tiennent tous les mercredi, comme si de rien n’était. Des marchés publics sont octroyés à coup de milliards sur le budget de gestion de l’exercice 2015, en fait tout va bien, dans le meilleur des Burkina possible.

Les coupures d’électricité ? De simples aléas de la vie ordinaire. Et pourtant les gens n’en peuvent plus. Dans un pays où l’économie informelle, les tailleurs, les soudeurs, les restaurateurs et les buvetiers, constitue l’économie réelle, ces sevrages d’électricités vont forcément désorganiser la vie sociale et provoquer l’effondrement du pays.

Si c’est aussi vrai, que l’économie était déjà mal en point et que les caisses de l’Etat sont presque vides, cette situation de pénurie d’électricité qui perturbe grandement l’économie annoncent des lendemains qui ne chantent pas.

La situation actuelle est-elle réversible dans un court terme ? Une chose est sûre, ce ne sera pas sous la transition. On ne sait pas qui va gagner les élections en octobre, mais parmi les deux qui sont susceptibles de les gagner, les promesses en cette matière méritent d’être plus argumentées. Zeph a proposé des centrales nucléaires sans préciser dans quel délai. Or il s’agit d’une situation d’extrême urgence. On n’a plus, pour ainsi dire, le temps d’attendre. Les solutions de l’ancien régime, construction de centrales, interconnexion avec le Ghana et renégociation avec la Côte d’Ivoire projetait pour 2017, le début de l’allègement des délestages. Mais pas la fin des délestages. Comme on le voit le bout du tunnel, de toute façon n’est pas pour demain. Seulement on n’avait jamais imaginé que la situation allait se dégrader à un tel point.

Ce qui est en enjeu aujourd’hui, c’est la survie même de la SONABEL. Si la situation de la nationale d’électricité est si dégradée, qu’elle ne peut plus assurer son approvisionnement en une ressource aussi vitale que le fuel, malgré les subventions de l’Etat, c’est quelle n’est plus loin de s’effondrer. Si la SONABEL est dans un tel état, forcément elle va emporter dans sa chute la SONABHY, à qui elle doit déjà beaucoup d’argent. Si ces deux sociétés sont en faillites, ça veut dire que l’approvisionnement en énergie est compromise avec toutes les conséquences que l’on peut imaginer. On touche du bois évidemment, mais une transition impuissante, on peut comprendre, mais muette, comme si Nathalie Somé et son CSC lui avait mis le sparadrap à la bouche, les bras nous en tombent.   



23/05/2015
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