Sans Détour

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Chronique du mardi 16 juin

Le sondage Honko/ Bendré

Décryptage

Le deuxième sondage Honko/Bendré est tombé ce 15 juin. Sans doute que comme le premier, il ne manquera pas de faire du bruit.

Ce deuxième sondage offre moins de prise à l’analyse que le premier. En tout cas dans la version qui est rendue publique. La représentativité de l’échantillon est plus significative, aussi bien en nombre de localités couvertes qu’en nombre de sondés. Les techniciens disent cependant, que la largesse et l’étendu de l’échantillon ne sont pas forcément gage de fiabilité.

Les aspects évidents du sondage : Sur les intentions de vote, le duo de tête reste le même et dans le même ordre. Zeph arrive toujours en tête suivi toujours de Roch, dans un mouchoir de poche. 26,10% et 22,22%.  

Après ces deux principaux candidats de tête, les rangs s’étiolent extraordinairement. Le troisième, Benewendé  arrive très loin derrière avec plus de 8%. Mais il est constant. C’est le rang qu’il occupait au premier sondage. Lui aussi dépasse de très loin ses poursuivants. Bassolet qui arrive en quatrième position est à seulement 2,51%, même pas de quoi lui permettre d’être remboursé de sa caution.

Tahirou Barry connait un léger frémissement de ses intentions de vote. Il a atteint et franchi la barre de 2%. Les deux grands décrochages c’est Saran Sérémé et surtout Ablassé Ouédraogo. Ce dernier chute de très haut. De plus de 8% il dégringole à 1,5%. De la troisième place ex quo, avec Benewendé au premier sondage, il tombe à la 8e. Le sondage ayant été réalisé du 2 mai au 2 juin, on ne peut expliquer le décrochage de Ablassé Ouédraogo par son récent dérapage. Donc avant même qu’il ne trébuche, le moagha du plateau central, ne figurait plus dans les intentions de nombre d’électeurs. Il serait quand même intéressant de voir le score qui est le sien dans les principales villes du plateau central, concerné par le sondage. Pour vérifier réellement les arguments ethniques du patron du Le Faso Autrement.  

Il apparait aussi, qu’aucun des anciens dignitaires du régime de Blaise Compaoré ne se comporte vraiment bien en termes d’intentions de vote. Djibril Bassolet, le mieux placé fait un petit 2,51%. Il est suivi de Soungalo, l’ancien président de l’assemblée nationale, 1,96% des intentions. Tout le reste se situe en dessous de 1%. Même en mutualisant leurs votes, Juliette, Soungalo, Yonli n’atteignent pas 5% des intentions. L’étude ne semble pas, en outre, avoir constaté les nouveaux changements intervenus au CDP, depuis le dernier congrès. A moins que tout simplement Eddie Komboigo ne figure pas dans le top ten du classement des intentions de votes. Mais comme on n’a pas le détail du sondage, on ne peut pas le dire.

Maintenant ce qui n’est pas évident et qui est tout de même, parlant. Essentiellement dans le duel de tête. Le sondage avance deux informations qu’il faudra savoir bien corréler. Les intentions de votes placent Zeph en tête. Au même moment les sondés sont à 34,4% certains que c’est Roch qui va remporter la présidentielle. Dans le détail, selon les indiscrétions, Ceux qui dans l’échantillon disent voter Zeph, sont majoritaires à croire que c’est Roch qui va être élu. Trouvez l’erreur !

Quelques informations qui seront nécessaires pour affiner l’analyse, les intentions villes par villes et les intentions selon le genre. Comme l’échantillon prend également en compte les groupes d’âge, ce serait également intéressant de voir comment se repartissent les intentions de votes des jeunes au niveau des deux premiers de la classe.

Enfin, le portrait robot du futur président tel que les sondés le dessinent : un patriote qui a de l’écoute, qui est intègre et compétent. Le fait d’avoir travaillé ou collaboré avec Blaise est une circonstance handicapante, mais pas disqualifiant.

Au total ce deuxième sondage, marque une polarisation du duel Zeph/Roch. La très forte probabilité d’un second tour et des intentions de votes qui ne coïncident pas avec les certitudes sur l’identité du gagnant. En cela ce sondage va encore faire jaser. Mais on devrait se souvenir, que c’est pour l’instant la seule initiative régulière, qui s’essaie à cet exercice périlleux. Donc à saluer.  

 

NB: Toutes nos excuses pour la malencontreuse faute qui s'est glissée dans le texte de la chronique de lundi. "Il s'agit de quand bien même" et non de "qu'en bien même", comme c'était écrit. Toutes nos excuses. 


16/06/2015
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