Sans Détour

Sans Détour

Chronique du jeudi 21 mai

Le PAREN avec ses idées et ses méthodes

Dans le brouhaha des agitations actuelles, qui fait attention à la voix du PAREN ?

tahirou et bado.jpg

Le parti crée par Laurent Bado et actuellement dirigé avec doigtée par le jeune Tahirou Barry, joue des coudes pour faire entendre sa spécificité. Mais en politique, beaucoup plus qu’ailleurs, il y a une sorte d’injustice de fait qui fait un sort aux acteurs et dont il est difficile d’en sortir. Cela semble être la croix du PAREN. Pourtant ce parti ne manque pas d’idées. Tout ce qu’on demande justement à un parti politique. Dans la législature en cours, le PAREN a fait plusieurs propositions de lois, dont aucune pour l’instant n’a retenue l’attention des CNTISTES. Celle qui a défrayé la chronique et a été vite rangée aux oubliettes c’est la loi sur « l’homosexualité ». Les responsables de la transition n’ont pas osé transgresser la fatwa des partenaires internationaux. La proposition a donc été remisée au placard.

Mais le PAREN qui a de grandes idées, sait aussi faire les choses avec méthode. En politique ce qui accroche est parfois fonction de l’enrobage. Un parti qui propose de réaliser le bonheur du peuple en 30 mois, forcément ça devrait attirer l’attention des citoyens. Sauf qu’on est aussi dans un contexte de pauvreté d’idées et d’incrédulités avancées. Les gens ne cherchent pas ce qui est compliqué, ils se confortent dans les idées préconçues et dans le prêt-à-porter en tout.

Fatalement, dans un tel contexte, la voix que propose le PAREN, parait ésotérique, parce qu’il exige que nous fassions le développement de nos réalités avec nos moyens propres. Mais voilà nous avons le développement des autres en appétit et en modèle. Centrale nucléaire, levée de fonds sur les grandes places financières et j’en passe. Le PAREN pense qu’on peut faire autrement. Un actionnariat populaire pour reprendre l’ensemble des entreprises du pays. Imaginons, on ne voit pas forcément comment, que les 17 millions de Burkinabe sont tous actionnaires à la SONABEL, L’ONEA, BRAKINA, CITARAIL et j’en oublie... , Personne ne dira encore que ce n’est pas le « champ de son papa ». On devrait donc travailler dur, dans l’absolu. Il faut évidemment en démontrer la faisabilité et l’articulation d’une telle société ou tout le monde serait à la fois « propriétaire et employé ». Ça ne va pas forcément de soi. Comme dit la sagesse moaga « une société où tout le monde est chef, c’est une société ou tout le monde est roturier, en réalité »

Mais au moins, il y a un débat sur une alternative au capitalisme et à la social-démocratie. Ce que propose le PAREN s’appelle le « communautarisme ». Le PAREN a encore un long devoir d’explication pour donner de la chair à son idéologie. Même si sur certains aspects de mise en œuvre ça rappelle du déjà vu « 8000 villages, 8000 retenues d’eau », rappelle les forêts de Blaise avec ceci d’irréalisable que non seulement on ne peut pas faire des retenues d’eau dans tous les villages et ce n’est peut-être pas nécessaire de le faire ». Sauf si on ne met pas le même contenu « à retenue d’eau ».

Plus spécifiquement, sur la conduite de la transition, Le PAREN qui a les valeurs chevillées au corps, la juge sévèrement sur « l’incivisme » qui se poursuit et sur « les prévarications des biens publics » qui n’ont pas cessé. Tout ça parce que la transition n’arrive pas à réaliser, de l’avis du PAREN, « la démocratie gouvernante ».

Il y a une chose qui semble claire au PAREN ? Certains en avaient douté jusqu’à présent, Tahirou Barry sera le candidat du parti à la présidentielle de 2015, Laurent Bado ayant accepté de se contenter du modeste « strapontin » de premier ministre, avec un objectif limité dans le temps « réussir en 30 mois ou se démettre ». Cela appelle évidemment l’interrogation suivante, au terme de ce délai d’insuccès, est-ce le premier ministre qui saute tout seul ou bien il entraine dans sa chute le président avec lui ? Si c’est la seconde hypothèse qui prévaut le PAREN à rebours de l’article 37, va poser un autre casse-tête à la science politique, c’est la redevabilité « couperet ».           



21/05/2015
1 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2664 autres membres