Sans Détour

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Chronique de jeudi 28 mai

Ce CSC n’est plus en capacité de réguler les medias !

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Heiii ! Nathalie Somé. Comme dans la chanson de Daouda Koné, le sentimental : « voilà toi ô koroko ! ». A force de trop pousser loin le bouchon, on finit par le faire tomber dans la bouteille. En ce qui concerne le CSC, sous ta haute direction,  après ce sit-in et la fronde qui s’en est suivie, comment peut-il être encore en capacité morale de réguler les médias. Réguler la déontologie suppose que le régulateur a de l’éthique. Or cette crise a révélé deux choses du CSC, qui ne vont pas faciliter, désormais, le déploiement de son autorité morale dans son rôle de gardien de l’éthique, de la déontologie et du professionnalisme.

-        Primo, le CSC viole ses propres lois. La décision du 7 mai n’a pas de base légale. Elle est donc arbitraire

 

-        Secundo, on a découvert un CSC mytho, qui ment comme il respire. Les rapports dressés après les rencontres sont des vérités arrangées. Le 15 mai après une concertation avec les organisations professionnelles des medias, le CSC a rédigé un communiqué où il dit que les dites organisations ont reconnues que « les émissions d’expression directe telles que conduites posent problème » et qu’au cours des échanges, « il s’est dégagé l’impérieuse nécessité de mettre un accent sur la formation, l’éducation aux medias et l’application des sanctions ». Faux ! C’est un communiqué arrangé pour se donner raison. Si les organisations conviennent et reconnaissent que les émissions d’expression directe posent problème, elles valident du même coup, la décision du CSC. Ce qui n’a jamais été dans leur intention.

 

-        A la décharge de l’administration de Nathalie, les rapports tronqués au CSC, c’est une vieille tradition. Ceux qui ont déjà eu affaire à cette institution, ont été estomaqués de lire le rapport dressé après les auditions. Le CSC accuse et trouve les charges. De toute façon il est assuré de ne pas être le contredit.  Une sorte de comportement de sycophante, pas grabataire, mais schizophrène qui se croit obligé de justifier son utilité en agitant permanemment « l’épouvantail des médias irresponsables qu’il faut plus que jamais avoir à l’œil ».

Sur ces deux fondements, un CSC hors la loi et un CSC qui arrange la vérité, il devient moralement impossible d’assurer le rôle de gardien de l’éthique et de la déontologie de la presse où justement il est stipulé l’obligation pour le journaliste de publier des « informations justes ». Or un régulateur menteur ne peut pas veiller sur « la vérité ».   

Et puis l’administration de Nathalie est désavouée ;

En interne, par la majorité du collège des conseillers, six sur neuf, n’adhèrent pas, (ou n’adhèrent plus)  à la décision de suspension des émissions du 7 mai dernier.  

Et à l’externe, par l’ensemble des organisations professionnelles de la presse et des personnes ressources de cette profession, qui ne soumettent plus sa décision. Nathalie n’a plus d’interlocuteurs, dès lors son autorité n’existe plus.   

Et contre la perte de l’autorité morale, aucun statut ne vous protège. Pour Nathalie hélas, il faut craindre que « the game is over ». 



28/05/2015
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