Sans Détour

Sans Détour

RSP à la sauce Zida

Kiéré colonel major sous les ordres du commandant Nikiéma

 

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Le nouveau chef d’Etat major particulier de la présidence est un commandant. Le commandant du régiment de la sécurité présidentielle est un colonel major et il est sous les ordres du commandant. C’est l’armée à la sauce Zida.

Pour le commun des mortels, le remplacement de Diendéré à la tête de l’Etat-major particulier de la présidence est quasiment un « non-événement». Surtout qu’on s’attendait et on souhaitait même qu’on vire Gilbert Diendéré, le mal aimé de l’armée. La nomination de Nikiema Théophile, un du RSP aussi, comme chef d’Etat-major particulier de la présidence a sonné comme un soulagement. Sauf que du côté de l’armée, cela a accentué le malaise. Un malaise qui a désormais gagné le RSP aussi où il y aurait désormais deux camps. Le camp de Zida avec le commandant Nikiéma et de l’autre celui de Kiéré, colonel major et patron toujours en titre du RSP et qui a reçu le soutien du Lt colonel Céleste Coulibaly, fraichement revenu de Maroc, où il avait accompagné Blaise Compaoré.

Le malaise a commencé en marge de l’insurrection des 30 et 31 octobre, quand Zida, Lt Colonel a brûlé la politesse aux généraux en se proclamant chef d’Etat. En cette matière et surtout qu’il n’avait pas fait de coup d’Etat la tradition dans l’armée veut que lorsqu’on fait appel à l’armée, comme c’était le cas, la responsabilité revienne à l’officier le plus ancien, dans le grade le plus élevé. Zida, dans les règles de l’armée n’aurait pu et dû plastronner à la tête de l’Etat. Mais il avait le soutien ferme de Gilbert Diéndéré et disposait de la force de frappe du RSP. Les officiers supérieurs de l’Etat-major ont avalé la couleuvre, certains en maugréant. Le malaise avait gagné le gros de la troupe et tant bien que mal, on essayait de colmater les brèves. Un moment pour régulariser la situation, Zida et ses hommes avaient pensé à mettre tous les hauts gradés à la retraite. Ils en ont été dissuadés au regard de l’ampleur de la tâche et de la fracture irrémédiable que cela n’aurait pas manqué de créer. Il fallait donc travailler à circonscrire le malaise, c’est ce que Zida aurait dû faire, entre autre, en s’octroyant le ministère de la Défense. Mais voilà que la nomination la nomination du commandant comme chef d’Etat major particulier de la présidence crée une sorte de métastase du malaise qui gagne désormais le RSP.

Le texte n’a pas encore suivi les paroles…

On avait cru et Zida l’avait annoncé que cette nomination de Nikiéma devait s’accompagner d’un texte qui supprime le RSP et reverse les éléments de ce régiment avec une nouvelle dénomination à l’Etat-major général. On attend toujours ce texte. Ce qui fait que le RSP, reste toujours le Régiment qui assure la sécurité du président, même si les éléments sont mixés dans les entourages de hauts responsables de l’Etat. En effet, et c’est le même Zida qui l’a dit, dans la sécurité des trois premiers haut responsables du pays (Kafando, Zida et Sy) les élements sont composés de militaires, de gendarmes et de policiers. Ce qui n’est pas totalement nouveau à la vérité. A Kosyam et depuis toujours, il y avait une unité de poste de commandement opérationnel qui regroupait toutes les forces de sécurité.

Cette situation qui devrait se décanter, par la prise des textes appropriés, ne l’est pas et cela commence à créer des problèmes de commandement. Comment imaginer que le colonel major Kiéré se mette au garde vous devant un commandant ? Le fait que dans l’armée la fonction prime le garde ne vaut que pour les hautes charges politiques et notamment deux ; la présidence et la primature. Pour tout le reste, on s’arrange à ce que dans le poste politique, par exemple un ministre de la Défense, le nommé soit dans le rang des officiers supérieurs.

Comme on le voit, sans qu’on ne sache vraiment pourquoi, Zida rend les choses inutilement compliquées. Sauf à imaginer qu’il a l’intention de sacrifier pour la nouvelle année l’agneau Kiéré. Et puis une autre chose qui alourdit les critiques, apparemment avec Zida, il y en aurait que pour les protestants. Peut-être que, à sa décharge, comme par hasard les meilleurs seraient des protestants. Dans ce cas, il faut quand même panacher les nominations à la couleur de la nation. Le commandant Nikiéma, c’est vrai est un promotionnaire de Zida, avec qui il est arrivé en même temps au RSP. S’il est en retard de grade, c’est sans doute la faute aux mauvaises notes. Il semble que Zida aussi, en a souffert un moment. C’est pourquoi dans la promotion il était l’avant dernier à porter le grade de Lt Colonel. Zida et Nikiéma, compagnons de galère et par hasard aussi co-réligionnaires.

Pour ce qui concerne le malaise dans l’armée, c’est préférable d’y mettre très vite un terme. Zida à l’allure où vont les choses, dans une société où très peu disent la vérité au chef, pourrait se réveiller du réveil de Blaise Compaoré, un certain 31 octobre.

NAB

 

Encadré :

La promotion des sous lieutenants arrivés au RSP en 1996

  1. Zida Yacouba
  2. Céleste Coulibaly
  3. Nikiéma Théophile
  4. Nestor Ouédraogo
  5. Bagagnan Boukari  

NAB      

  



25/12/2014
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