Sans Détour

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Le SMS contre Ibriga sème la zizanie

Après les manifestations des OSC pour dénoncer le comportement du RSP qui a empêché la tenue d’un conseil des ministres le 4 février, Luc Ibriga, patron de l’ASCE a reçu un sms de menace. Les enquêtes se mènent et s’orienteraient vers Kosyam ce qui ne manque pas de créer actuellement une zizanie.

Il est possible que nous soyons devant une fracture du RSP entre les gens qui sont acquis à Zida par l’entremise du lieutenant-colonel Nikiéma (chef du cabinet militaire du président Kafando), avec comme go betwen, le major Dembelé, député CNT et les fidèles du groupe à Kieré, chef d’Etat-major particulier de la présidence du Faso. Les premiers éléments de l’enquête sur les menaces contre le Pr Ibriga localiseraient la provenance du sms de Kosyam. Sur ces entrefaites, les officiers supérieurs du régiment saisis, se seraient montrés désolés, surtout au moment où ils multiplient les interventions pour redorer le blason du régiment et contrer les velléités qui poussent à sa dissolution. Cette information de notre source n’est pas confirmée par la hiérarchie du régiment qui dit ne pas être au courant de l’évolution de l’enquête, qui est confiée à la gendarmerie.

Cependant, toujours selon nos sources, une fois ces allégations connues, l’émoi a gagné le gros du régiment qui ne peut pas comprendre qu’un des leurs, qui leur veut vraiment du bien, puisse se livrer à ce jeu dangereux.

Dès lors un climat malsain a commencé à s’installer avec des interrogations qui ramènent encore à Zida, pour les proches du groupe à Kiéré. Pour eux, si le sms est bien parti de Kosyam, son auteur peut avoir été manigancé par des éléments à la solde de Zida pour discréditer le régiment et l’exposer à la vindicte populaire. Une sorte de prolongement au RSP de la campagne des OSC, dont les anciens frères d’arme pensent qu’elle est financée par Zida. Depuis donc la méfiance serait en train de gagner le régiment et cela n’est pas du tout bon pour la transition.

Une monstrueuse affaire !       

Les différends militaires, comme l’histoire de notre pays l’a montré à maintes reprises, se dénouent toujours très mal. C’est très souvent l’arme au point que ces questions se résolvent. Pourra-t-on éviter que cela n’arrive au sein de la poudrière RSP ? Il faut le souhaiter. Mais pour cela il faut sûrement que le dialogue entre les factions prévale. Il faut aussi arrêter les instrumentalisations et les propos désobligeants, comme ceux que le président du CNT a cru devoir tenir sur le régiment à « Dimanche politique » de Radio Omega. Un responsable de ce rang, doit avoir des propos mesurés, d’autant plus qu’en dernier ressort, il pourrait connaitre du sort du régiment. Et il devrait trancher sans passion et au regard de l’intérêt de la nation. Un exemple à travers le monde montre que ces questions d’unités spéciales créées à des fins spécifiques n’ont jamais été simples à résoudre. En France, le SDECE, une unité qui a perpétré les basses besognes de la IV e et de la V e République
en France et en Algérie, avec les assassinats les plus sordides des algériens et des combattants de la liberté de l’Afrique Noire, notamment les leaders emblématiques de l’UPC au Cameroun, a provoqué en France au moment de l’accession de François Mitterrand au pouvoir des sentiments de révulsion, semblables à ceux qu’expriment les burkinabè dans leur large majorité contre le RSP aujourd’hui. François Mitterrand a sa prise de pouvoir a commandité un rapport sur l’unité et le sort à lui réserver. Quand il a reçu le rapport, il a décidé qu’il ne fallait pas dissoudre le SDECE, mais le reformer. L’étude avait montré, qu’au-delà des révulsions que « Ces tueurs de la République », (c’est le titre de l’Ouvrage de Vincent Nouzille, journaliste d’investigation) pouvaient provoquer, un Etat ne pouvait pas se passer d’une unité de ce type. Il arrive donc que l’on taise, dans l’intérêt de la nation qui est au-dessus de tout, les sentiments que l’on peut nourrir légitimement au niveau de nos personnes. C’est pour ça aussi, qu’il n’est pas compréhensible qu’une personnalité de la République du rang du président du CNT, puisse nier le caractère élitiste de certaines composantes du RSP actuel. Dans un article paru le 25 février dernier dans L’Evénement n° 298, Germain Nama décrit la structuration du RSP avec des spécificités de certains de ses compartiments qui montrent bien que nous avons là, des unités d’élite. Le débat se mènera évident sur le sort de ce régiment et des démembrements qu’il renferme. Mais s’il se fait dans la sérénité et le recul, aucun homme d’Etat digne de ce nom, n’ira jusqu’à sa dissolution. Il faut avoir à l’esprit que beaucoup plus que l’institution RSP elle-même, c’est l’utilisation qu’on en a fait sous Blaise Compaoré qui est mauvaise. Mais dans ces démembrements ce régiment renferme des spécificités dont notre pays ne peut pas se passer. En cela ce bon dicton Bambara, repris d’ailleurs dans une chanson d’Alpha Blondy « si tu tues ton chien enragé. C’est la brebis  du voisin qui viendra te mordre » est instructif.

Cela dit la situation au RSP est préoccupante. Chacun devrait en avoir une claire conscience et travailler à éviter une déflagration qui n’épargnera pas notre pays et sa transition. La question urgente c’est comment ramener la concorde entre une grande faction du RSP et le premier ministre Zida ? Si c’est pas fait urgemment tout pourrait aller en vrille pour le malheur de notre pays. Il faut donc faire un moratoire sur les démonstrations contre le RSP et engager un débat républicain sur l’avenir de ce régiment de l’armée. Selon nos informations, la commission instituée par le président du Faso a commencé à travailler. C’est de l’intérêt national d’entourer les délibérations de cette commission de la sérénité nécessaire.   

Newton Ahmed BARRY

   



02/03/2015
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