Sans Détour

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REACTION DU PROFESSEUR SOMA ABDOULAYE


 

 

 

Suite à mon article publié le 16 janvier dernier, j’ai reçu la réaction suivante de Pr Soma, que je publie en intégralité, dans les mêmes formes. Bonne lecture à tous

 

 Pr soma.png

 

Cher Newton Ahmed Barry (NAB)

 

J’ai lu le vendredi 16 janvier 2015 un article dont vous êtes l’auteur et qui est intitulé « Zida et Kafando, où vont-ils nous conduire ?». Cet article contient par ricochet de multiples allégations qui portent atteinte à ma personne et qui sont des contre-vérités que je ne peux m’empêcher de dénoncer. Sans entrer dans une polémique avec votre personne et votre plume, pour lesquels je témoigne le plus profond respect que vous savez, j’aimerais souligner le passage qui me concerne et qui s’énonce comme suit :

 

« En ce qui concerne Zida, sous les conseils de son gourou Pr Soma, il s’apprête à créer une commission des reformes à la taille de ses ambitions. Pr Soma qui se trouve être aussi le conseiller spécial de Zida est à la manœuvre pour construire le texte de loi qui va instituer la commission de réconciliation avec ses sous commissions qu’il module selon son bon vouloir. Lui-même Soma, ne craignant pas un conflit d’intérêt voudrait s’adjuger la Commission des reformes politiques. Il y tient au point de saucissonner les sous commissions pour écarter des rivaux potentiels. Si Pr Soma qui se trouve être conseiller spécial de Zida tient à diriger la commission des Réformes politiques est-ce un acte gratuit ? Il est difficile de le croire. Notre confrère de la Lettre du Continent en passant en revue, les potentiels candidats à la présidence de 2015 fait cette allusion qui doit donner à réfléchir : « A moins que l'actuel chef du gouvernement issu de la transition politique, le lieutenant-colonel Isaac Yacouba Zida, ne vienne complètement renverser cette donne électorale en se portant lui-même candidat. Il semble déjà très à l'aise dans son nouveau costume civil.» Nos confrères de la Lettre du Continent connaissent bien les arcans des pouvoirs politiques en Afrique. Ils ne peuvent pas faire cette allusion de façon anodine, alors qu’ils savent que la charte de transition l’interdit. Et quand on voit l’acharnement avec laquelle Pr Soma, le Frankenstein des potions politiques que la junte à jusque-là expérimenté avec insuccès, on est obligé de s’interroger. Ce n’est pas calomnier Pr Soma que de rappeler qu’il était aussi le conseiller dans l’ombre du CDP. Depuis que Zida s’est autoproclamé dirigeant de la transition, il est à son service, avec des conseils qui ne sont pas toujours heureux. Le dernier en date, c’est Pr Soma, selon le propos de Zida lui-même, rapporté par un de ses confidents, qui a préparé les textes qui ont servi à suspendre le CDP et l’ADF/RDA. Un tel personnage présidant une commission des reformes ne produira que du « sur mesure » pour Zida, aujourd’hui ou demain ».

 

je voudrais très brièvement rétablir ceci :

 

-D’abord, je ne suis pas celui « qui a préparé les textes qui ont servi à suspendre le CDP et l’ADF/RDA ». Vous serez allez à la source de l’information, vous auriez pu savoir que les textes dont vous parlés ont été préparés et signés au MATDS et que je n’ai pas été consulté à ce sujet.

 

Ensuite, Je n’ai pas été « le conseiller dans l’ombre du CDP ». Je dois témoigner devant ceux comme vous qui ont cette opinion que je n’ai jamais possédé la carte d’un parti politique, ni de la majorité, ni de l’opposition. Je n’ai jamais travaillé pour aucun parti politique, ni de la majorité, ni de l’opposition, en dehors des conférences publiques sur des thématiques techniques que j’ai eu l’honneur d’animer pour certaines formations politiques, aussi bien de l’opposition que de la majorité. Je n’ai jamais été conseiller d’aucun parti politique, ni de l’opposition, ni de la majorité. Ce n’est pas qu’on m’a demandé et que j’ai refusé, c’est qu’aucun dirigeant de parti politique ne m’a jamais demandé d’être son conseiller. Ainsi, pour le CDP, je n’en ai été conseiller ni officiellement, ni officieusement. Je n’ai jamais rencontrer de dirigeant du CDP ès qualité pour discuter de conseils à donner au parti, ni dans l’ancienne équipe, ni dans la nouvelle équipe. Tous les acteurs sont fort heureusement encore là pour vous donner la vraie information. Plus encore, les deux points sur lesquels le CDP est critiqué aujourd’hui, à savoir l’institution du Sénat et la révision de l’article 37, mes positions sont officiellement connues. Sur le Sénat, j’ai pensé en toute objectivité qu’un bon Sénat pourrait améliorer la démocratie et la qualité législative au Burkina Faso, mais que le format qui était proposé n’était pas de nature à atteindre cet objectif et ne peut donc pas être soutenu. Sur l’article 37, j’ai pensé que constitutionnellement il est prévu la possibilité d’une révision de la Constitution par référendum (article 164), mais que la révision de l’article 37 se heurterait au principe de l’alternance démocratique et constituerait un changement anticonstitutionnel de gouvernement au titre du droit international, et que cette révision ne peut être soutenue. J’ai soutenu et je soutiens ces positions aussi bien institutionnellement au titre de la Société Burkinabé de Droit constitutionnel (SBDC) que je préside, qu’à titre individuel, dans les interviews accordés à la presse nationale et internationale. Ces sont donc des choses officielles et vérifiables.

 

Enfin, votre analyse sur la commission me laisse perplexe, sachant que vous connaissez très bien le processus d’élaboration et d’adoption des lois au Burkina Faso. Un Conseiller spécial du Premier peut-il vraiment moduler un texte « selon son bon vouloir » et en l’occurrence « saucissonner les sous commissions pour écarter des rivaux potentiels » ? Vous savez très bien que le projet de texte passe en Conseil de Ministres où il peut être modifié en son absence. Il passe aussi au parlement où il est modifié en son absence. Le texte final échappe donc au contrôle total d’un conseiller spécial, fut-il du Premier Ministre. Le Conseiller spécial peut exprimer ses avis, mais ne peut influencer ou obliger les différentes instances décisivement.

 

Bref, le ton général de l’article, que je ne comprends d’ailleurs pas de votre part,  me donne de l’amertume. Depuis le début de ma carrière, je travaille à cultiver la compétence par la formation ; l’intégrité scientifique par la neutralité politique pour être au service de ma Patrie. C’est pourquoi cela a été un grand honneur fait à ma modeste personne que d’être appelée à contribuer à l’effort national en ce contexte de grands défis de justice et de réformes. Intentionnellement ou non, votre article porte atteinte à l’image que je m’évertue à renvoyer à la Nation pour espérer la servir utilement. Votre responsabilité sociale, pénale et civile en tant que journaliste et concitoyen est d’autant plus engagée que vous savez pertinemment que le contexte politico-social actuel est sensible et dangereux à l’égard de personnes faisant l’objet de telles publications. Si elles sont vraies, à la rigueur,  vous conservez votre droit d’en apprécier la diffusion, mais quand elles sont fausses, vous n’avez pas le droit de la diffusion. Pour ma part, j’ai l’indépendance d’esprit de faire toujours ce qui entre dans mon intime conviction et j’assume toujours ce que j’ai fais, même s’il faut y reconnaître mon erreur et corriger. Je ne peux  toutefois assumer le mensonge sur mon compte

 

Avec tout le respect que je voue à votre personne, à votre plume, à votre travail de journaliste et à la liberté d’expression, je vous prie de vous « en tenir aux faits et rien qu’aux faits quand on parle », comme vous même le mentionnez au début de votre article. Surtout qu’en l’occurrence, les faits sont vérifiables avec des acteurs directs encore vivants à votre disposition.

 

 

                                                           Votre bien dévoué « Petit frère »

 

Pr. SOMA Abdoulaye

Agrégé des Facultés de Droit

                       

 

 

 

            NDLR :

Je vous sais gré de la considération que vous me témoignez tout au long de votre article. Je comprends aussi la colère qui y transparait par moment. Vous pensez que je vous jette en pâture, en écrivant ces choses sur vous. Vous surestimez de ce point de vue le travail du journaliste et vous sous estimez l’esprit de discernement du public. Pour le reste je laisse les lecteurs jugent.

Merci de votre considération

 

Newton Ahmed BARRY

Journaliste



26/01/2015
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