Sans Détour

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L’erreur des politiques

A propos des militaires…

La transition achoppe sur les dilatoires des hommes de Zida. Cela a le don d’agacer l’ensemble des jeunes de la société civile et de rendre une grande frange de la population dubitative. Les politiques dans cette affaire, sont « entre deux ». Ils pensent qu’il faut ménager les militaires pour qu’ils acceptent partir.

 

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Les politiques de façon générale, trouve l’intransigeance de la société civile puérile. Pour eux, les jeunes ne sont pas mûrs et ne comprennent pas les questions stratégiques. Ils ont peut-être raison. Sauf qu’il y a une nette impression, que la société politique, de façon générale, court derrière les évènements depuis le 21 octobre, date de la décision de Blaise Compaoré de soumettre le projet de loi, portant modification de l’article 37 à l’assemblé nationale. Un regard rétrospectif, montre qu’ils interviennent toujours avec un moment de retard. Leurs positions le 30 et le 31 octobre le montre à souhait. Dès la prise de l’assemblée nationale par les insurgés et la liquéfaction du pouvoir de Blaise Compaoré qui s’en est suivi, la classe politique, regroupée au sein du CFOP s’est retrouvé à court d’idée, incapable d’appréhender avec anticipation les évènements et les positions. Autrement le CFOP, comme institution républicaine, aurait été celle qui aurait pris les choses en main, sans faire de coup d’état et exiger que les forces de sécurité composent avec lui. Nous n’aurions pas assisté à la guéguerre des régiments, où le RSP, plus armé et avec des officiers plus habilles « a finalement pris sur lui de sauvegarder, les actions entreprises par Blaise Compaoré », selon un témoin qui a entendu, le 31 octobre les premières confidences des autorités militaires. Cette absence de vision de la gestion de la crise du CFOP a contraint la société civile, notamment le balai citoyen, qui était aux avants postes de la lutte, de bricoler une entente avec les militaires, « pour sauver les vies et préserver la quiétude nationale ». La brèche ainsi ouverte les militaires s’y sont engouffrés et en très peu de temps, se sont imposés comme les maitres de la transition. Quand on a les armes, dans un environnement où il n’y a pas de droit, c’est la force du fusil qui fait « loi ». Heureusement que le contexte international, n’est plus favorable aux militaires au pouvoir. Autrement Zida n’aurait jamais cédé ce pouvoir. C’est le prédicateur Jafar de Bobo qui a vu juste quand il dit que « Zida, c’est un autre Blaise Compaoré ».

Absence de jugement une fois de plus…

La classe politique dans l’intervalle des discussions de la charte, a encore hélas, fait montre de très peu de vision. Quand les militaires ont commencé à tergiverser, elle n’a pas compris l’alliance stratégique qu’elle aurait pu nouer avec la pression populaire pour affaiblir, pour toujours les prétentions militaires à se mêler de politique. Les politiques se trompent et contrairement à leur approche, le maintien habile de la pression populaire, reste le seul moyen d’en finir, avec les intentions de certains officiers de l’armée, de faire la politique. Il faut voir partout où les officiers se sont abstenus de politique, c’est parce qu’ils savent que c’est une aventure risquée. Or dans le cas présent, il ressort que les civiles n’ont pas su s’accorder et constituer un front. Les militaires, les plus ambitieux, pensent qu’on peut à tout moment surfer sur cette fracture qui ne se résorbera pas de sitôt. Avec une telle épée sur la tête de la transition, mais aussi sur le nouveau pouvoir qui sortira des urnes dans douze moi, certains militaires seront des arbitraires permanents…

En réalité, ce qui est primordial, c’est que l’armée a besoin d’être commandé autrement. Il faut un commandement fondé sur l’éthique militaire, le mérite des armes et une justice dans les prises en charge.   

Les autorités auront à solutionner la question du RSP, dans notre armée. Il faut que cela se passe dans la justice et le respect des règlements militaires pour que nous ayons désormais une seule armée. Les fonctions en son sein doivent être ouvertes et démocratiques. Ce sont le mérite et l’aptitude qui doivent fonder les choix et les promotions.

NAB



14/11/2014
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