Sans Détour

Sans Détour

La côte mal taillée

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Après une chaude journée du 4 février, un accord nocturne a été trouvé entre le RSP et Zida.

Il a consisté à un réengagement vis-à-vis des points querellés « non dissolution du RSP », « nomination correctif aux postes de commandement de la sécurité présidentielle ; Kéré chef d’Etat-major particulier de la présidence et Céleste Coulibaly chef de corps du RSP ». En contrepartie, une fois de plus, Zida sauve son fauteuil. Mais pour combien de temps ? Il ne faut pas être naïf, ce problème n’est pas du tout résolu il est simplement reporté. Il connaitra un troisième round inévitablement. L’inimitié entre les deux protagonistes a atteint un point de non-retour. Il faudra forcément qu’un des protagonistes ou les deux disparaissent. C’est la loi militaire, il n’y aura pas d’exception. C’est bientôt sur les détails que la conflagration va s’opérer. Mais cette fois, le dénouement pourrait nous surprendre. On a beaucoup parlé des causes mis en avant, dans le coup de sang. On a oublié les causes non apparentes. Dans la journée du 3 février, des rumeurs folles d’arrestation ou de liquidation imminentes de certains officiers ont circulé. Fondées ou pas elles ont été le moteur du passage à l’acte du 4 février. Exactement comme le 15 octobre 1987, avec le complot de 20 h que personne jusqu’à présent n’a pu prouver. Une source proche de Zida rapporte cet échange avec lui vers 17 h le 3 février « (s’adressant à Zida). M le premier ministre avez-vous le contrôle du RSP ? Si vous ne l’avez pas évitez de vous rendre à Kosyam demain (ndlr 4 février) ». Voilà la future bataille entre Zida et les officiers actuels du RSP. Qui finira par avoir le contrôle du RSP ? Zida, en officier dont l’honneur a été blessé et on peut le comprendre, mettre tout en œuvre pour éviter une troisième humiliation du RSP. Les officiers actuels du RSP seront condamnés à scruter les faits et gestes de Zida pour ne pas être surpris. La loi en cette matière et chaque camp le sait « le premier à tirer et à atteindre sa cible est celle qui aura raison ». Personne ne voudra se laisser surprendre. Voilà le climat dans lequel le reste de la transition va se dérouler. Zida aura-t-il la force de bien mener de front tous les challenges de sa charge avec cette préoccupation personnelle ? L’histoire nous le dira. Certains sont suffisamment braqués pour faire exactement comme l’imbécile de la fable « regarder le doigt qui montre plutôt que la lune qu’on veut qu’ils voient ». On peut dire que la transition avec cet arrangement bancal a manqué une occasion de corriger l’erreur de départ. Il ne s’agit pas d’invectiver nos frères militaires. Leur place n’est pas dans la politique, même en situation exceptionnelle. Elle n’est pas dans la politique, parce que les deux statuts ne font jamais bon ménage. Partout où cette confusion a été entretenue, elle s’est toujours soldée par la catastrophe, au détriment toujours des civiles. Au Burkina on est probablement béni des Dieux. Mais il faut souvent éviter de mettre le seigneur à l’épreuve. NAB NB : Le compromis trouvé : Les nominations annoncées devraient avoir lieu dans la journée d’aujourd’hui. Jusqu’à 16h58 au moment où nous écrivions ces lignes, elles n’étaient toujours pas effectives.



05/02/2015
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