Sans Détour

Sans Détour

Gouvernement de Zida I

 

 Sagnon l’ami de Zida

sagnon.jpgzida.jpg
      Adama Sagnon                                                     Lt Colonel Zida

                                                                                            premier ministre

Ministre de la Culture de 48 heures

Sagnon c’est le premier couac de la gouvernance Zida. Que l’ancien procureur ait même pu figurer sur le premier jet du gouvernement instruit sur l’Etat d’esprit de Zida. En attendant qu’il s’en explique un jour, s’il daigne le faire, il est difficile de l’assimiler à une erreur.

Il est fait systématiquement sur chaque nominé une fiche de renseignement aussi complète que possible. Les seuls, épargnés pour l’instant, c’est Zida et ses proches lieutenants. Pour le reste, les services du colonel Farta ont sorti les fiches de renseignement. La nomination de Sagnon n’est pas une erreur. Zida savait qu’elle poserait problème, d’autant plus que les faits de corruptions et de prévarication assez graves et systématiques imputables à Sagnon, lui étaient connus, en dehors même de l’affaire Norbert Zongo. Il a voulu user de la méthode Blaise, en ayant à ses ordres ce type de personnes qu’il peut bien utiliser pour des basses besognes. Très tôt d’ailleurs, Sagnon était devenu, un membre du cabinet de l’ombre du chef de l’Etat Zida. Il fait parti des gens qui ont aidé à travestir la charte de la transition. Sa nomination comme ministre de la Culture est en fait, un lot de consolation. Sur les tablettes de Zida, c’est à la Justice que Sagnon aurait dû patronner. Plusieurs interventions lui en ont unanimement et fermement dissuadé. Mais comme c’était son choix, il a tenu quand même à le maintenir au gouvernement en pensant qu’en le reléguant à la Culture, le parent pauvre du gouvernement, la chose aurait été moins contestée. Mal lui en a pris. Les premiers jours Zida et Sagnon pensaient que la chose passerait. Ils s’attendaient évidemment à une grogne, mais pas plus que ça. Sagnon avait forgé son argumentaire, dans l’affaire Norbert Zongo en minimisant ses responsabilités. Sa ligne de défense ; il n’a pas été le seul procureur à connaitre du dossier. C’est en quoi il montre une fois de plus l’étendue de sa mauvaise foi. Dans la gestion du dossier Norbert, il y a deux procureurs du Faso et un procureur général qui ont joué les rôles les plus abjectes. Quand Norbert a été assassiné, c’est Dramane Yaméogo qui était procureur du Faso. C’est lui qui le premier a posé les jalons de l’enterrement du dossier. Il a pesé sur les premières instructions du dossier, il a infiltré la Commission d’enquête indépendante (CEI) et a contribué au choix du juge d’instruction. C’est aussi Dramane Yaméogo qui a croisé le fer avec le juge Armand Ouédraogo, pour empêcher la jonction entre l’affaire David Ouédraogo et l’affaire Norbert Zongo. En cloisonnant ainsi les affaires, il a contribué à les désamorcer et à les étouffer. Le régime lui en a été immédiatement reconnaissant et il a été promu ambassadeur des années durant à Lagos au Nigeria, avant de revenir atterrir comme ministre de la Justice, dans le dernier gouvernement de Blaise. Après Drramane Yaméogo, il y a eu le bref passage de Malobaly. Il n’a pas semblé très fiable à François Compaoré et il a été remplacé justement par Adama Sagnon, ancien enfant de troupe comme Wenceslas Ilboudo, le juge d’instruction du dossier Norbert Zongo. Pour créer une totale confiance, une des sœurs de Sagnon était aussi l’amie de François Compaoré. Sagnon devient donc procureur avec la mission d’étouffer l’affaire Norbert Zongo. Il le fera en tandem avec Abdoulaye Barry, qui venait de prendre fonction au parquet général. Sagnon et Barry sous les ordres directs de François Compaoré vont travailler jusqu’en 2006 et vont parvenir à imposer un « non-lieu » dans cette affaire. Ce sont eux aussi qui vont conduire le procès d’intimidation contre l’Evénement, pour que plus jamais, un journaliste n’ose parler de l’implication de François Compaoré dans le dossier Norbert Zongo.

Aussitôt après « cet enterrement de première classe », Sagnon et Barry sont enlevés du parquet. Le premier est envoyé comme premier substitut du procureur général, ce qu’il n’a jamais digéré. Cependant, les libanais du Burkina Faso, eux ont pu souffler, tellement ils n’en pouvaient plus des raquettes de Sagnon. Il semble que c’est Chantal Compaoré qui serait intervenue, pour qu’on enlève Sagnon comme procureur, suite aux suppliques de la communauté libanaise. Quand au procureur général Barry, il s’est retrouvé comme conseiller à Kosyam.

Quand  Kindo a succédé à Sagnon, comme procureur du Faso au TGI de Ouaga, il n’y avait plus d’affaire Norbert Zongo. Sagnon n’est pas donc honnête en disant qu’il n’a pas été le  seul procureur à gérer le dossier Norbert Zongo. Sagnon a été le principal bourreau du dossier. Il n’a peut-être pas tué Norbert. Il a empêché, par tous les moyens possibles, que justice lui soit rendu. Il est donc le principal artisan du sort réservé jusque là au dossier Norbert Zongo.

Il est impossible que Zida, qui a été aussi à la même période, le chef de la sécurité rapprochée de Blaise Compaoré, n’en sache rien. Au moins ce qui est attesté c’est qu’en 2003, alors capitaine, Zida a fait interdire la lecture de L’Evénement et de Bendré au régiment de sécurité présidentiel, sous le prétexte que ces journaux occasionnaient la zizanie parmi les chefs.

Il est difficile dans ces conditions de croire que la nomination de Sagnon dans ce gouvernement est fortuite. A quoi répond t-elle ? Cette réponse se trouve en partie, dans l’acharnement de Zida à contrôler cette transition.

NAB

 



26/11/2014
11 Poster un commentaire

Inscrivez-vous au site

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 2668 autres membres