Sans Détour

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Du sang des larmes?et bientôt des flammes

Du sang des larmes…et bientôt des flammes

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Le long règne de Blaise nous avait habitué au sang et aux larmes. Est-il possible qu’il y ajoute, au crépuscule de son pouvoir, le feu ?

Tout le monde redoute aujourd’hui que le pays ne bascule dans la violence et dans le désordre. C’est une perspective qui hantait déjà les religieux qui depuis près d’un an, multiplient les prières et les évocations œcuméniques pour demander au seigneur d’exorciser ce terrible sort qui pointe son bout de nez. Si Dieu a entendu leurs suppliques, il n’en est pas de même de notre père qui est à Kosyam. Ces oreilles n’entendent qu’une seule chose « convoquer le référendum et se donner quinze ans de pouvoir de plus ». Sourd à la détresse nationale des burkinabè, il a écrit son projet de loi, fixé les modalités (sur mesure bien évidemment) et envoyé le texte aux députés pour qu’ils le votent, en examen express.

La session actuelle est celle du budget, mais toute affaire cessante, les députés ont reçu l’ordre d’examiner et de voter cette révision le 30 octobre. Blaise est revenu de Taiwan avec l’argent nécessaire pour « huiler les rouages de leur conscience ». Chacun à son prix, probablement que ceux de l’ADF doivent coûter un peu plus cher au box office de la bourse des valeurs de la compromission. En tout cas, il semble que la mise de départ, avant la montée des enchères, c’est 100 millions par députés. En partant de cette mise de départ en faisant un calcul rapide on aura 100 millions par 96 députés nécessaires à l’adoption de la révision directement par le parlement ce 30 octobre. Le total donne le tournis, pour nous pauvre indigent, mais pour Blaise 9 milliards et demi pour rester au pouvoir c’est une broutille.

Pour qui le connait, s’il s’est décidé à envoyer son projet à l’assemblée nationale, après la séance de contrariété qu’il a imposé à ses ministres perclus et mortifiés, c’est qu’il a déjà fait son marché. Cette fois il n’a pas voulu (ou peut-être ne l’a-t-il pas pu) déléguer la besogne à quelqu’un d’autre. C’est lui qui aurait conduit les marchandages et c’est également lui qui a porté le projet devant les députés. Evidemment Yé et Bougma, à leur corps défendant, on s’imagine, iront assurer les plaidoyeries devant les députés.

Pour quinze ans supplémentaires, le pays peut brûler. La boulimie du pouvoir de Blaise faut bien un incendie national.

En tout cas le sort en est jeté. Le destin devrait aussi s’accomplir. Soit nous brûlons, soit il s’en va de la plus piteuse des façons. Finalement quand on observe l’aveuglement de Blaise Compaoré on se dit le fameux dicton « qui vit par l’épée, périra par l’épée », n’est pas une vue de l’esprit.   

NAB



28/10/2014
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