Sans Détour

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Chronique du jeudi 1er octobre

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Depuis Naaba Kom II, Kafando vous parle !

 

C’est l’image d’Épinal d’une transition totalement restaurée. Ou disons plutôt une transition sous les auspices d’une nouvelle alliance. Les 30 et 31 octobre l’insurrection avait fait un pacte (honteux maintenant pour certains) avec le RSP pour installer la transition. Puis chemin faisant, le compagnonnage s’est brouillé à l’épreuve des ambitions personnelles et des pactes non tenus. Il s’en est suivi un long bras de fer sur une dizaine de mois, qui a connu le début de son épilogue, avec le raout des loyalistes sur Ouagadougou et la finale jouée le 29 septembre, avec la défaite du RSP.

 

Ce 30 septembre sur les décombres, encore fumants, d’un Naaba Kom II immaculé miraculeusement, malgré les salves des orgues de Staline, naissait ou se scellait une nouvelle alliance, pour le restant à vivre de la transition. L’armée, la vraie, celle qui avait été ignorée dans le pacte fondateur de la transition reprend la place qu’elle n’aurait pas dû abandonner. C’est en tout cas flanqué des « boys », « réminiscence des années d’ambassadeur aux Etats-Unis » qu’un Kafando annonce le Burkina nouveau. Il devrait dire plus surement « la transition nouvelle version ». On n’a pas vu à ses côtés, son premier ministre. Peut-être n’a-t-il pas voulu revenir en ces lieux où il garde des souvenirs ambivalents. Ou peut-être aussi que cela aurait pu faire mauvais genre, dans la nouvelle alliance qui est ainsi scellée. Quand on a tourné la page, il faut le faire franchement.
Kafando parlant depuis Naaba Kom II, c’est toutes proportions gardées, Kidal qui réintègre le Mali. Kafando a donc désormais la plénitude du pouvoir sur l’ensemble du territoire national.


Sauf qu’il n’a plus le temps de manger le « naam ». Avant d’aller célébrer la reprise de naaba kom II, il a toute la journée reçu des ambassadeurs occidentaux qui le pressent de fixer une date des élections et pour novembre, suggèrent-ils tous, en insistant.
C’est pourquoi il a dû annoncer qu’il fixera la date, mais en concertation avec les signataires de la charte. Quand cette concertation aura-t-elle lieu ? Très bientôt ? C’est à la fois précis et vague. Mais c’est sûrement le signe qu’il ne veut pas se laisser acculer. Sauf qu’en cette matière l’union sacrée, qui est actuellement de mise, pourrait vite voler en éclat. Les politiques étant fatigués de ce long squatte dans l’antichambre du pouvoir. 
Comme disent beaucoup des dirigeants de la transition, ils ont beaucoup et bien faits. Il est temps qu’ils partent pour qu’on puisse les célébrer. 



01/10/2015
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