Sans Détour

Sans Détour

Chronique du 22 juil


Dis-moi qui est ton héro ?

Où est-ce que la transition met-elle le curseur de l’éthique ?

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Si on s’en tient à ceux qui sont aujourd’hui portés en triomphe comme les héros de la transition on se demande bien où sont les repères ? Sur quel socle de valeurs l’insurrection a germiné et a éclos ? La lutte depuis ce soir fatidique du 15 octobre 1987 a été d’abord le refus de l’inhumanité,  puis celui de l’imposture. La gouvernance de Blaise Compaoré, en effet, pour faire pièce à « l’altruisme » révolutionnaire s’est adressé aux bas instincts du Burkinabé ; le lucre avec l’argent et l’immoralité avec une société de la courte échelle. Le « chacun se cherche » est devenu très vite le viatique d’une société où chacun est convaincu qu’il peut seul « se chercher et se trouver ». Sans valeurs et sans solidarité, le Burkina de Blaise a abouti dans l’impasse d’une « ploutocratie » sordide.


Y a-t-il eu rupture depuis l’insurrection ? Quelles sont les nouvelles valeurs sur lesquelles le régime de l’insurrection est assis ?


D’abord sur l’opacité des intentions, Le Journal des Insurgés, un Bimensuel de la place, vient de nous apprendre qu’une charte secrète complétait la Charte de la transition, signée par les mêmes parties prenantes mais cachée aux Burkinabè. Dans cette charte secrète « Zida » a été institué premier ministre et les portefeuilles ministériels partagés. Donc à la vérité cette transition est conduite sur des secrets inconnus aux Burkinabè. Quels sont les autres secrets non encore révélés ? Faut-il attendre la prochaine crise pour les brandir ? Les élections, à venir, ont-elles aussi par ailleurs fait l’objet de charte secrète ? On est évidemment très perplexe.
Ensuite, le lucre et l’argent plus que jamais maître. Depuis l’installation du régime de la transition, tout semble tourner autour de l’argent. Des Cntistes qui s’octroient des salaires astronomiques, des millions distribués, des gens achetés, des OSC corrompues et une nouvelle vague de golden boys de la transition, hier seulement tirant le diable par la queue aujourd’hui roulant dans de rutilantes carrosses. Les nouveaux propriétaires du pays.
La transition n’aurait donc pas hélas opéré de rupture avec le régime de Blaise qu’elle dit haïr. La rhétorique des insurgés honnit l’ancien régime, sauf que leurs pratiques et leurs vécus reproduisent jusqu’à la caricature les pires actions du régime déchu. L’insurrection par une sorte d’ironie du sort se condamne à une surenchère violente, parfois haineuse pour détourner les regards, sur le clone qu’elle est. Qu’elle n’a jamais cessé d’être.
Le curseur des valeurs sous cette transition née de l’insurrection est resté bloqué à son niveau de l’ère Compaoré. En l’absence des valeurs, ce sont les imposteurs qui sont devenus des héros. Et ce sont eux que l’on célèbre avec des pamphlets professoraux autour d’une question bientôt thème de recherche « qu’est-ce qu’on lui reproche » ?  C’est vrai que c’est tellement simple quand les choses sont ainsi dites. Quand il y a plus de but élevé à poursuivre, il ne reste plus que les arrangements à protéger. Sacrés transitaires. Rien n'est plus comme avant?       


 



22/07/2015
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