Sans Détour

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Chronique de vendredi 3 juil

Une transition à la croisée des chemins
zida farta et kam.jpg

Une fin de semaine politique pénible avec toutes les incertitudes, toutes les irresponsabilités et toutes les insouciances qui sont hélas les munitions d’une tragédie nationale.
A regarder et à écouter les interventions depuis le 28 juin, très peu sont à la hauteur de la tragédie qui se trame. Il est fort possible que Dieu aime ce pays et probablement pour une fois encore, il va le couvrir de sa main salvatrice. Mais les hommes de ce pays devraient peut-être arrêter d’éprouver continuellement Bon Dieu. Savent-ils seulement qu’ils ne sont pas les seuls sur terre ?
Les protagonistes de la crise sont à arrivés visiblement à un point de non-retour et en face les acteurs de la transition ne semblent pas en avoir vraiment conscience. Quoique certains, même si d’aucuns y voit un dépit « amoureux », commencent à émettre des doutes, des réserves et un refus d’un alignement systématique.
Parce que cette nième crise interroge. Le RSP, le démon du Faso face à l’ange Isaac Yacouba Zida. Pour certains c’est simple il faut que le démon disparaisse pour que l’ange conduise le Burkina au paradis d’un Etat de droit normalisé. Mais l’ange est-il vraiment l’ange que l’on croit ? Le démon a-t-il toujours tort ? Poser ces questions pour certains jusqu’au boutistes, du camp de la vertu, c’est se rendre suspect.
Pourtant il faut bien qu’on se les pose. Parce que cette fois, si une bonne réponse durable n’est pas trouvée à cette animosité personnifiée entre Zida et le RSP, la conflagration qui s’en suivre va pulvériser cette transition.
Les deux camps ne s’aiment pas et ne connaissent que les arguments de la force. Chacun a pu se renforcer depuis l’éclatement de la première crise en décembre 2014. Si on pense connaitre l’état de la force au niveau du RSP, personne ne connait vraiment l’arsenal sur lequel repose le camp Zida/Barry.
Le vrai faux complot du 28 juin marque le début de la confrontation ouverte. Une source diplomatique dans notre pays parle de « trucage ».  C’est le camp de Zida/Barry qui selon toute vraisemblance a pris l’initiative pensant neutraliser leurs ennemis par les rouages institutionnels et une infiltration savamment menée. Ce premier assaut a échoué. Le crédit du complot n’a pas pu être établi, les ralliements escomptés contre le RSP ne sont pas produit non plus. Les micros trottoir des media montrent que les burkinabè sont vraiment dubitatifs et ne souhaitent pas se mêler « des questions de militaires ». La prochaine fois, il n’y a pas de doute, les deux camps vont en découdre l’arme au point.

Que reste t-il à faire ?

Les acteurs principaux de la transition n’appréhendent pas sérieusement la dangerosité de la situation et sont dans des calculs politiques. Le président de la transition qui a pris du galon à l’occasion de cette crise, continue de consulter. Hier, 2 juillet, il a quitté le palais du moro naaba vers 21 heures. Dans les promesses il devrait se prononcer en cette journée de vendredi. Sauf que cela risque de ne pas être le cas. Kafando voudrait encore croire qu’il peut rabibocher les deux camps. Les acteurs politiques et de la société civile qui se réunissent encore aujourd’hui ne veulent pas ébranler l’édifice, à seulement quatre mois du premier tour de la présidentielle.
Tout montre donc, qu’on s’achemine vers la seconde faute fatale de cette insurrection. La première  été d’avoir laissé, le RSP/ZIDA détourner la révolte populaire. La seconde, celle qui se déroule sous nos yeux, c’est d’accepter que leurs mésententes la contrarié  pour bien longtemps. Pour ne pas dire plus. Si on ne coupe pas dans le vif, il n’y aura pas d’élections ni en octobre ni en 2016.



03/07/2015
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