Sans Détour

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Chronique de mercredi 8 juil

 Zida institution s'émancipe de Kafando

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Le premier ministre est revenu d'Abidjan sous de nouveaux auspices. Son discours devant ses partisans est adressé à la vérité au président Kafando. Il a décidé « d'être ferme » et de s’émanciper. Donc de résister à toute décision qui va le démettre. Zida est de retour avec la ferme intention de tenir les élections du 11 octobre à l’issue desquelles,  Il remettra le pouvoir à celui que le peuple élira. Avant cela « personne dit-il, autre que lui bien évidemment, ne dirigera le gouvernement. Ce n'est plus donc le premier ministre qui parle, mais le vrai chef de l'exécutif. En quelque sorte Zida reprend le pouvoir qu'il avait consenti, à contre coeur, céder à Kafando. On peut dire dès aujourd'hui que le Burkina a deux présidents. L'un à Koulouba avec son aéroport privé "la base aérienne 511". L’aéroport international de Ouagadougou et son salon d’honneur étant gardé par ses pires ennemis, les soldats du RSP, il ne peut plus y mettre les pieds. 

Et un autre à Kosyam, officiel, mais qui n'a pas de prise sur le gouvernement. La crise rentre dans une nouvelle phase, ce faisant. Les institutions de l'Etat, on s’imagine, vont devoir aussi se déterminer en pro Président Zida ou en pro président Kafando. Entre les deux légitimités, les signataires de la charte de la transition se sont pour ainsi dire déjà alignés. En tout cas les principaux. Les politiques et l'armée sont derrière Kafando. Les OSC sous la bannière de leur coordination sont les soutiens de Zida. On dit que certaines ont commencé à se désolidariser avec la coordination. Des noms de ces OSC sont avancés, mais comme rien n’est officiel pour l’instant, il est préférable de ne pas les citer.  Il reste à connaître la position des religieux et des coutumiers.

Ce raidissement de Zida vient de ce que les "spécialistes constitutionnels" des OSC estiment que Kafando n'a pas le pouvoir de le démettre, en vertu de l'esprit de la charte de la transition. Un point de vue que ne partagent pas les politiques. Ablassé Ouédraogo de le Faso Autrement a réaffirmé la position des politiques qui est que Kafando est seul juge de l’opportunité du maintien ou pas de Zida, si l’armée lui retire sa confiance. Mais au regard des propos tenus par Zida à ses partisans, il n’a pas l’intention de se laisser faire.  Pour éviter l'enlisement il ne reste plus qu'à demander l'arbitrage express du conseil constitutionnel. Décidément c'est une vraie crise de perception même de la nature de la transition qui se joue maintenant. Exit la crise Zida/ RSP, voici les bisbilles Kafando/Zida. L’ambiance du conseil des ministres de ce mercredi promet !



08/07/2015
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