Sans Détour

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Chronique de mercredi 07 octobre


Zida enterre le RSP
et
Mgr Paul « Nazifie » l’ex majorité.

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Ces dernières 48 heures ont été marquées par deux faits qui sont symptomatiques de l’évolution de la crise de la transition.
Commençons par le dernier. Zida à la place de la Nation expose la dépouille du RSP. Où disons un échantillon de la dépouille. En ces lieux mêmes où il avait promis la mort du RSP, au début de la transition, sans y croire vraiment. Mais finalement les contingences l’y ont contraint. Donc du RSP, il n’en reste plus rien. Ou disons, il n’en reste que les déserteurs, dont le nombre n’est pas connu avec exactitude, mais assez significatif pour provoquer des craintes chez Kafando. Il craint que ces RSP, dans la nature, ne soient cause d’insécurité des élections.

 

A cette cérémonie on a vu un ZIDA nouveau, totalement en dévotion du président Kafando, qu’il a évoqué à chaque paragraphe de son discours. Une juste traduction du retournement des choses. Dans la transition deuxième phase ; Kafando doit sa place au peuple et totalement au peuple. Et Zida doit son maintien à Kafando.
Enfin toujours à l’occasion de cette cérémonie, Zida c’est bien lâché. Sur le RSP particulièrement ! Qui a été longtemps, tacle-t-il,  « un instrument pour contrer les aspirations du peuple ». Sans conteste, quand c’est lui qui le dit, c’est absolument vrai. Il y a seulement un an, il était l’un des cerveaux de cet instrument. A l’Evénement on n’a pas oublié qu’en 2003, pas si loin que ça, un certain lieutenant Zida « interdisait la lecture de certains journaux à la troupe RSP ». Si le RSP a contré pendant longtemps les aspirations des Burkinabè, Il faudra, puisque c’est dans l’air du temps, que chacun fasse son méa culpa.
Et il a gardé le petit Lenga, pour son ex mentor, le général Gilbert Diendéré, étrié « d’avoir voulu instaurer la terreur ». C’est vrai que le CND n’y est pas allé du dos de la cuillère avec ces 11 morts en trois jours. Une véritable boucherie. Mais de la bouche de Zida, « terreur » extériorise bien une intimité de souffrance endurée depuis décembre 2014. Mais à la fin, Il en sort vainqueur. C’est l’expertise de son pasteur qui va prendre de la valeur sur le marché des adhésions. Pour le trimestre qui reste avant la fin de la transition, il faudra plus que des gendarmes couchés, pour ralentir l’afflux de nouvelles ouailles !

 

Le deuxième fait marquant de ces 48 heures, c’est la polémique née des propos du Mgr Paul Ouédraogo, justifiant le bien-fondé de l’exclusion de l’ex-majorité. Que ce soit Mgr Paul qui chevauche cet anathème fait désordre avec sa belle soutane. Le désordre devient carrément trouble quand il compare les membres de l’ex-majorité « aux callabos de Vichy ». C’est vrai que même un homme de Dieu n’est pas l’abri du dérapage, mais là, ce n’est pas loin de ressembler à une complète sortie de route.

 

Nous avons tous intérêt que la base morale de notre société se tienne loin, très loin des petites mesquineries politiques. Le miracle de la résilience de notre nation, devant tant de périls, tient aussi à l’intégrité morale de nos référents sociaux. Faisons plus que ce qui est possible pour les préserver.       



06/10/2015
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