Sans Détour

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Chronique de mardi 21 avril

Sur les traces de Zida à Washington

 

Le verbatim de la tournée premier ministériel à washington et à New York permet de se faire une idée à peu près précise de l’évolution de la transition dans les jours à venir. Il permet aussi de comprendre la position des hôtes américains vis-à-vis de la transition qui a court dans notre pays.

Revenons sur le verbatim : En rapport avec le RSP. Le rapport qui est entre les mains de Zida et selon ce qu’il en dit, laisse penser que le régiment sera renforcé dans son rôle de gardien des institutions, en tout cas au moins sur la durée de la transition. Le président élu, en octobre pourrait s’il le souhaite décider autrement.

Zida réaffirme son encrage RSP. Il est RSP réaffirme t-il. Au risque de confusion, il rappelle qu’il en demeure le numéro 2, c’est-à-dire le second à Céleste Coulibaly, puisque Kieré, lui, est chef d’Etat Major particulier de la présidence. C’est une façon de réaffirmer qu’il ne veut pas s’exclure de ses frères d’arme.

En ce qui concerne, la loi « Chérif », son propos est plutôt dans la modération et dans le retrait. Il reconnait que le fait d’avoir trituré l’article 25 de la charte africaine, pour l’adapter au contexte nouveau burkinabè, peut causer un malaise. Même s’il a ajoute aussitôt qu’il a expliqué à ses interlocuteurs américains que le Burkina s’est conformé aux exigences de la charte africaine. Une explication qui ne semble pas convaincre, puisqu’il rappelle, ce que sans doute l’administration Obama a dû lui marteler dans les huis clos des entretiens : « c’est au peuple et à lui seul, de sanctionner les élites politiques et non pas une loi ».

La pondération de Zida sur cette internalisation de l’article 25 de la charte africaine peut avoir un rapport avec l’histoire de son introduction dans le code électoral. C’est le CNT qui a introduit cette disposition dans la loi. Le projet originel du gouvernement, ne le mentionnait pas. Dans la procédure parlementaire, le droit d’amendement est reconnu au parlement, à condition que le gouvernement l’accepte. La position de Zida peut-être comprise comme une « solidarité critique », à moins qu’elle ne soit destinée à la consommation des américains. Qu’à cela ne tienne ;

On peut imaginer que ces rappels itératifs auront des suites. Parce que pour l’instant, les américains rappellent certainement « des positions de principes », mais si Ouagadougou est autiste, ces positions peuvent évoluer. Les partenaires pensent et espèrent que l’on peut toujours rattraper les choses. Ils font donc de grosses pressions sur les premiers responsables du pays.

On apprend aussi dans les déclarations de Zida, qu’une révision constitutionnelle, minimale devrait intervenir avec le verrouillage de l’article 37. Il devrait s’ensuivre et voici les propos de Zida « un couplage référendum-législatives ou référendum-municipales ». Ce qui laisse penser que la nature du scrutin du 11 octobre 2015, ne serait pas encore définitivement arrêtée.

Enfin plus prosaiquement, Zida ne se déplace plus, sans son pasteur, Patrice Tiendrebeogo. Il était toujours deux marches derrière le premier ministre et sur sa fonction affichée par les américains, c’est écrit « spécial adviser ». En français Conseiller spécial. Je ne sais pas vous, mais moi j’ai raté, le conseil des ministres qui l’a ainsi, nommé.    



21/04/2015
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