Sans Détour

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Blaise comme Gbagbo !

Blaise est rentré dans une logique de terre brûlée. Il s’est bunkerisé à Kosyam avec une armada impressionnante qui tétanise les militaires de l’Etat-major général. Les hésitations qui se constatent au niveau des officiers pourraient s’expliquer en partie par ce déséquilibre des forces.

 

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Comme Gbagbo, Blaise avait bien préparé sa chose. Il s’est doté d’une armada militaire qui le rend invincible. Il ne quittera pas Kosyam. Il s’est préparé pour un long et sanglant siège. Derrière les murailles du palais fortifié, il ne craint rien. Il se sent invulnérable. Nous sommes donc partis pour la destruction totale de notre pays. Sauf si, la main de Dieu faisait son effet.  

Il faut donc se préparer à une lutte longue et couteuse en vie humaine. D’ici quelques jours aussi, comme cela se produit dans des situations semblables, les milices du président Blaise Compaoré, bien entrainées, vont rentrer en action par des assassinats ciblés qui vont semer la terreur. Le modus operandi, c’est de rétablir rapidement la situation en faveur de Blaise Compaoré et d’obliger à négocier la transition avec lui à ses conditions.

C’est pourquoi tout doit se jouer dans les heures à venir. Nous aurons des morts hélas. Mais de toute façon nous ne ferons pas l’économie des sacrifices. Nous sommes face à un choix cornélien. Si nous allons frontalement nous allons avoir des morts. Si nous laissons Blaise se rétablir, il nous tuera tous, one by one.

Blaise ne connait pas le repentir    

Blaise est un manœuvrier redoutable, il n’a pas de parole, il jongle avec les situations et s’adapte tout en ne cédant rien sur l’essentiel. Son discours de la nuit dernière est en cela symptomatique. Il sait que l’essentiel c’est de garder le pouvoir. Tant qu’il a le pouvoir, il peut reconquérir les parcelles de prérogatives concédées. Depuis il a compris que les concessions en situation de crise ne sont que tactiques pour préserver l’essentiel. Il est donc habitué aux faux repentirs qui ne l’engagent en rien. Le 19 octobre 1987, devant l’horreur de son accession au pouvoir, il avait bien promis réhabiliter Sankara. L’a-t-il jamais fait ? En 2000 il s’est bien agenouillé devant les évêques de notre pays promettant avoir compris le message des burkinabè. Cinq ans seulement après il s’est dédit. Sa dernière amabilité sur l’Eglise c’est qu’elle n’est pas une institution « républicaine ». Quand il faisait appel à Mgr Anselme Sanou s’était-il seulement posé cette question ? Blaise ne croit en rien, sauf au rapport de force.

Ces derniers jours, il développait une telle morgue envers les burkinabè que l’on se demandait s’il vivait bien parmi nous. Mais c’est vrai que cela fait longtemps, qu’il s’était fait une idée de son peuple. Il nous prenait pour des « moutons », à l’image de ces députés que j’ai vus, le 29 octobre au soir à l’hôtel Azalaï. Un peuple bêlant, séquestré et heureux qui devrait être conduit le lendemain 30, avec les chars et les baïonnettes à l’assemblée nationale pour voter selon la bonne volonté de Blaise Compaoré.

En 27 ans, il a appris à soumettre les burkinabè soit en les brimant ou soit en les soudoyant. Pour lui chacun de nous est un produit qui a son prix. Le dernier qu’il a acheté, c’est le pauvre Noel Gilbert Ouédraogo, héritier politique sans vision.

Nous sommes devant des échéances pénibles. Mais comme disait le pasteur Baglo, Dieu aime notre pays et des miracles ne sont pas impossibles.

Newton Ahmed BARRY



31/10/2014
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