Sans Détour

Sans Détour

Président Roch

Sorts de la transition !

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Les 100 premiers sont passés. Il faut que dans les 100 jours à venir, on ne parle plus de transition.

Mais du gouvernement Roch. De ce qu’il est en train de faire et d’un pays qui renoue avec la normalité.

 

Le piège sans fin d’une transition qui ne veut pas finir, est mortel pour le régime du MPP. La transition a échoué à régler les problèmes qui ont provoqué son avènement. Elle en a produit elle-même, contribuant à carabiner l’héritage qu’elle laisse au régime qui lui succède. Cet héritage est lourd. Ceux qui l’ont produit ne se contentent pas de l’avoir produit, ils veulent et veillent qu’il enferme leur successeur.


C’est le piège dans lequel Roch doit prendre garde de ne pas se laisser enfermer. La transition est terminée. Il faut laisser aux institutions habilitées d’en faire le nécessaire devoir d’inventaire de s’en charger.  C’est ce que vient de faire l’ASCE-LC dans les deux rapports produits. Ces deux rapports n’épuisent pas l’inventaire, qui doit continuer. Ensuite la justice devra prendre le relais, sans passion ni pression. Les institutions de veille, la presse et les organisations de la société civile (syndicats et autres institutions de lobby) doivent faire la sentinelle.
Dans l’urgence !


Il faut veiller à décrisper l’ambiance nationale. On n’est plus ni dans l’insurrection, encore moins dans la transition. Nous avons renoué, avec les élections du 29 novembre, avec la normalité républicaine. Un président pleinement élu avec ses prérogatives ; conduire le pays et rendre la vie meilleure aux burkinabè, selon un programme validé par les électeurs. Une assemblée des députés, avec une majorité qui se dégage en faveur du président et qui doit jouer pleinement son rôle législatif. Enfin, la justice rénovée, structurellement en position d’assumer son indépendance. Elle est la clé de voute de l’état de droit. Pour se faire, il faut qu’elle se garde de substituer la tutelle du politique par celle d’un lobby. Fut-il le plus bien intentionné du monde.


Les questions résiduelles aux institutions dédiées !


La justice militaire doit impérativement se sortir de l’instruction du putsch du 17 septembre. Ce putsch est devenu, par la force des choses, la contradiction principale entre burkinabè. Il faut le juger. Une instruction interminable, même fondée, aggrave les crispations sociales et empêche la normalisation vitale avec les voisins. Certains n’en ont curent. Trop enfermés dans une délectation infinie d’une vengeance dont ils ne se lassent pas. D’aucuns disent, d’ailleurs, « qu’il faut tuer l’ennemi et non se réconcilier avec lui ». Une logique absurde qui a toujours enfanté un monstre insatiable d’ennemis. Il suffit d’observer les enchainements de l’année de la transition et sa faculté à produire de nouveaux ennemis. Il y a eu d’abord une première vague de nouveaux ennemis avec la loi Cherif, le putsch en a produit son lot et plus récemment les audits en ont accouché leur part d’ennemis. C’est une série sans fin. La machine à éliminer les ennemis, comme on le voit, à un garde-manger bien garni. Je ne sais pas si c’est une bonne perspective pour notre pays.


Que l’instruction du putsch s’achève. Nous sommes un pays habitué aux putschs. Nous avons pour ainsi dire une bonne expertise en la matière. En 2003, le putsch de Naon-Ouali, a été instruit en quatre mois. La mise en accusation était intervenue en février-mars 2004 et le jugement en avril. Celui du 16 septembre dure maintenant depuis 7 mois et l’instruction est loin d’être bouclée. Il y a actuellement en prison à la MACA près de 74 personnes. Les arrestations se poursuivent et l’instruction aussi. En raison de sa charge de passion très élevée, le juge d’instruction, surtout qu’ils sont trois, ne gagnerait-il pas à se bouger ? Les habitués des prétoires savent que l’instruction peut se poursuivre même au moment du procès, si c’est nécessaire. Le juge d’instruction gagnerait à faire le point du niveau du dossier et de s’interroger si vraiment aujourd’hui il n’a pas assez d’éléments pour élucider les causes et les motivations du putsch ? Et s’il n’a pas entre ses mains les principaux acteurs du putsch.


Ce qui est certain, ce putsch est un poison pour le gouvernement de Roch. Plus il dure, plus il pourrait « flinguer » son quinquennat. Certains acrimonieux disent que s’il n’avait pas été déjoué, Roch ne serait pas devenu président du Faso. C’est peut-être vrai. Mais si son jugement devrait ne pas se réaliser dans un délai raisonnable, ce putsch pourrait hypothéquer le mandat. A lui seul, il empoisonne le climat dans le pays, maintient la suspicion avec beaucoup de voisins ; la Côte d’Ivoire, le Togo et le Sénégal. Avec la dernière arrestation de l’ex bâtonnier Mamadou Traoré, Dakar se retrouve visé, puisque l’un des griefs est que le président Macky se serait concerté avec l’ex bâtonnier qui l’aurait conseillé dans la rédaction de la déclaration finale de la médiation. Cela met le président Sénégalais très mal à l’aise. Un malaise de plus.


Les versatilités d’une opinion piège !


 L’opinion qui s’est instituée gardienne « des acquis » de la transition a montré sa versatilité avec la décision de la Cour de cassation dans l’affaire des mandats. Cette décision qui ne va pas dans son sens, lui a fait oublier son propre crédo : « laissons la justice faire ». Elle exige donc que Roch intervienne. Et visiblement, il semble y avoir cédé avec l’annonce du commissaire du gouvernement d’une reprise imminente des mandats. Or la bonne attitude aurait consisté pour Roch de rester sur sa posture énoncée et assumée « de la séparation des pouvoirs ». Ensuite, il eut fallu que les dignitaires et les partisans du MPP se mouillent dans un devoir d’explication. Seulement on a le sentiment qu’il suffit d’un coup de gueule des « gardiens des acquis de la transition », pour provoquer un « repli en désordre » et même une surenchère inappropriée.
Si ces mandats avaient été pris en violation des procédures, c’était justement par le fait d’une pression et d’une ambiance sociale inquisitoriale. On aurait pu espérer que leur reprise, maintenant, se fasse dans la sérénité « de l’intime conviction du juge ». C’est raté et c’est dommage.  Est-ce que honnêtement le mandat contre Soro doit être repris ? Selon nos informations, Interpol Côte d’Ivoire a répondu à la justice militaire burkinabè, qu’il n’allait pas exécuter le mandat contre Soro. Dans beaucoup de pays de l’UEMOA, pour ne pas dire tous, Interpol ne va pas exécuter ce mandat. A quoi peut-il bien servir ? C’est un mandat inexécutable. Sa reconduction contrarierait pour un bon moment, la normalisation avec la Côte d’Ivoire. Or cette normalisation urge.


Allons vite à la réconciliation ;

 

Cette ambiance « agit-prop », ce climat d’insurrection permanente est bien un fonds de commerce. La prolongation de l’ambiance de la transition sert bien certains intérêts. Il y en a qui ne se résolvent pas à quitter la scène, malgré que le concert est terminé.
Un quinquennat c’est vite passé. Roch n’a pas le temps. Il a intérêt qu’on ne lui vol pas un seul jour du mandat. Chaque jour perdu est un passif à son actif. Pour ceux qui ont intérêt à lui pourrir le mandat, a contrario, c’est un actif à leur actif. Le président a encore toutes les cartes entre ses mains



30/04/2016
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