Sans Détour

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chronique politique

Roch

 Son arme ultime

pour une majorité au parlement!

 

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Les Burkinabè ont choisi Roch, comme président, mais ne lui ont pas donné la majorité nécessaire pour gouverner. Evidemment son parti, le MPP, dispose de plus de députés à l’Assemblée nationale, il a quelques alliés qui ont pu dégoter quelques députés, six élus plus précisément. Il lui en faut trois pour être tranquille. Pour cela il un atout dans sa besace ; la dissolution, une arme dissuasive qui peut aussi être fatale pour celui qui la dégaine.

 

Imaginons que de guerre lasse, Roch soit finalement contraint à dégainer l’arme de la dissolution, parce que les tractations auront échouées à lui assurer une majorité de gouvernement. Selon la constitution, depuis les dernières et multiples révisions, le chef du gouvernement provient de la majorité à l’Assemblée nationale. Le MPP avec ses 55 députés est le premier parti de l’assemblée nationale. Mais il n’a pas la majorité au parlement qui est fixée à 64 députés. Avec ses alliés il peut réunir 61 députés. Mais le compte n’y est pas toujours. Il manquera toujours trois députés. Il lui faut donc convaincre deux potentiels alliés, le PAREN qui a deux élus et l’UNIR/PS qui en a cinq. A la date du 9 décembre, si on fait foi aux propos de Alexandre Sankara, de l’UNIR/PS il n’y aurait pas encore de « tractations officielles » avec le MPP. Même si, en lisant entre les lignes Alexandre Sankara, on note deux choses importantes :

 

- Primo ; il n’y a pas d’opposition de principe à une coalition avec le MPP, dont lui et ses camarades sont idéologiquement proches, mis à part l’os du 15 octobre.

 

- Secundo ; L’UNIR/PS par principe s’interdit de se retrouver dans une opposition avec le CDP.

 

On peut dès lors dire, qu’il y a beaucoup plus de chance que l’UNIR/PS intègre la majorité MPP. Mais nous sommes en politique, ce qui parait logique n’est pas forcément ce qui se réalise. Parce qu’il faut s’interroger pour s’avoir à quelle condition le MPP voudrait de ce mariage ? Il le voudra bien évidemment dans des conditions qui ne l’enchainent pas pour les 5 ans à venir. Car un quinquennat c’est à la fois court et long. Certains pensent que le MPP à le dos au mur. C’est peut-être vrai selon les apparences, mais on peut nuancer dans la réalité. Le MPP a deux choses que les autres n’ont pas. Il est en charge de l’exécutif. Dans le cadre de la constitution en vigueur, même si les pouvoirs du président ont été rabotés, il en reste suffisamment pour avoir un bon contrôle de l’Etat. Roch investit, le 22 décembre comme il se susurre, n’a pas besoin immédiatement du parlement pour prendre l’Etat en main. Des pouvoirs constitutionnels entiers lui permettent de jouir de la plénitude de ses prérogatives. Si le 22 décembre, il devait faire le constat d’une impossibilité d’une majorité favorable, il laisse l’Assemblée s’installer et valider ses mandats et dans la foulée la dissout. Il forme son gouvernement, gouverne par ordonnance, le temps de convoquer de nouvelles législatives dans les temps de la constitution.   Son deuxième atout, ce sont aussi les moyens financiers et matériels. Dans le cadre de nouvelles législatives, outre que le MPP a l’appareil de l’Etat désormais, il est le plus solide financièrement et pourrait bénéficier en plus de « l’appel d’air » de la générosité des puissances d’argent. En situation de pouvoir on attire plus facilement les donateurs. Donc matériellement et institutionnellement le MPP aborderait de nouvelles législatives en pole position. Ce qui n’est pas le cas de nombre de partis qui ont pu glaner, péniblement, quelques sièges de députés le 29 novembre dernier. Un Autre atout, aléatoire celui-là, mais non négligeable, le penchant légitimiste des populations.

 

La situation en cas de dissolution

 

Il y a évidemment le précédent de Chirac, en France, qui a fait de la dissolution du parlement un exercice périlleux. Mais ce n’est pas pour autant qu’il doit être rangé dans le rang de « totem politique ». En Israël, Netanyahu vient d’en user avec beaucoup de bonheur. Et puis les situations ne sont pas forcément les mêmes. Dans le cas du Burkina Faso, s’il y avait une dissolution aujourd’hui, il y a deux partis qui sont sûrs de tirer leur épingle du jeu. Le MPP, pour les raisons que nous avons évoquées plus haut. Puis le CDP qui disposerait alors du temps et des moyens de battre une vraie campagne. On pourrait alors assister au retour en force du CDP qui détrônerait l’UPC de sa deuxième place actuelle. L’UNIR/PS, le PAREN et bien d’autres pourraient en faire les frais. Dans la situation actuelle, contrairement aux apparences, le MPP est plutôt dans une position pas aussi inconfortable que le pensent certains analystes. C’est pourquoi, la constitution d’une majorité au parlement ne devrait pas être la mer à boire. Beaucoup de partis ont intérêt à ce que la situation reste en l’Etat.



09/12/2015
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