Sans Détour

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Chronique de vendredi 15 mai

Échec du putsch à Bujumbura 

Les nouvelles en provenance de Bujumbura ne sont pas bonnes. La tentative de coup d’Etat pour contrer les lubies de Kurunziza a échoué. Les principaux auteurs l’ont reconnu, tard dans la nuit de jeudi à vendredi.

Que peut-il maintenant se passer ?

-         Kurunziza qui avait été « interné » dans un camp militaire à Arusha, devrait selon toute vraisemblance rejoindre Bujumbura dans la journée d’aujourd’hui 15 mai. Hier dans la soirée par un tweet, qui relevait d’avantage d’une guerre psychologique que de la réalité, il avait annoncé qu’il était au Burundi et félicitait les militaires qui lui sont restés fidèles.

-         Le général Godefroid Niyombaré et ses hommes qui sont retranchés dans un des camps militaires de Bujumbura ont peu de chance de s’en sortir. Militairement vaincu et sans soutien populaire véritable et organisé. On imagine que Kurunziza ne va pas rater cette occasion de nettoyer au kacher, les derniers bastions des résistants au sein de l’appareil militaire. Mais pas seulement. La presse est déjà décapitée, les principales radios indépendantes ont été bousillées. Il ne reste plus que la terrible RTNB

Le « grand malade » de pouvoir de Bujumbura a désormais un boulevard ouvert pour son troisième mandat. La communauté internationale dans une réaction non nuancée et au-delà de la réaffirmation des principes, l’a incontestablement renforcé.

Il est donc presque acquis, que Kurunziza aura ce troisième mandat pour lequel, il a tué plusieurs dizaines de ses concitoyens et brûlé une bonne partie de sa capitale.  

Il reste l’inconnu de la capacité de rebondir du mouvement de contestation pour reprendre le relai du putsch manqué. Les principaux leaders de l’opposition et de la société civile, qui auraient été soulagés de la réussite du coup de Niyombaré, se sont gardés de lui afficher un soutien public. Est-ce que cela va les épargner ? Il faut craindre que non, puisque les règlements de compte ont déjà commencé depuis la nuit et les terribles policiers qui sont en réalité les milices du régime, sont revenus dans les rues et ont commencé une chasse à l’homme.

Vue de Ouagadougou, on ne peut être que très triste pour le mouvement de libération de l’Afrique, contre les fous « des pouvoirs à vie ». On mesure aussi, en même temps, la fragilité de notre situation. Cette réussite de Pierre Kurunziza et l’attitude de la communauté internationale fait échos forcément dans certaines têtes. En RDC et au Congo Brazza on doit boire son petit lait.   



15/05/2015
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